FranceRéservé aux membres 24/06/20265Ajouter aux favoris

La motion de rejet a échoué le 23 juin. Le vote final approche. Pendant ce temps, cinquante villes manifestaient et l'Assemblée reconnaissait elle-même l'incompatibilité de l'euthanasie avec la médecine.
Nous avions suivi la progression de la proposition de loi sur l'«aide à mourir» devant l'Assemblée nationale. Le 23 juin 2026, la motion de rejet présentée par les opposants au texte a échoué. Le vote final sur l'ensemble du texte est imminent.
La motion de rejet a été défaite par les députés le 23 juin. Dans le même temps, l'Assemblée a voté pour exclure les médecins du geste létal - contradiction interne que le texte ne résout pas. François Bayrou, Premier ministre démissionnaire, a remis au collectif organisateur de la manifestation du 28 juin un texte admettant que «la prise en charge par le système de santé de la mort programmée» soulève des questions éthiques fondamentales.
En réponse, plus de cinquante villes en France ont vu des rassemblements citoyens sous le slogan «Nos mourants ne sont pas des encombrants». Le documentaire «Anesthésia» de Damien Boyer, sorti le 24 juin, offre un contrepoint documenté : des malades en soins palliatifs disent à la fois «je veux mourir et je veux vivre», démontrant que l'accompagnement de qualité transforme le désir de mort.
L'enseignement de l'Eglise est sans équivoque. «Evangelium Vitae» de Jean-Paul II (1995) qualifie l'euthanasie d'«acte intrinsèquement mauvais» (EV 65) et affirme que «rien ni personne ne peut autoriser la mise à mort d'un être humain innocent» (EV 57). Le Catéchisme enseigne que «l'euthanasie directe consiste à mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes. Elle est moralement inacceptable» (CEC 2277). La Déclaration «Iura et Bona» de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (1980) rappelle que si la souffrance peut être soulagée, elle ne justifie jamais l'acte délibéré de donner la mort.
L'exclusion des médecins du geste létal par l'Assemblée elle-même révèle une contradiction que le législateur ne résout pas : si la médecine ne peut pas tuer ses patients, qui administrera la mort ? La réponse implicite - des auxiliaires non médicaux - aggrave le danger sans le résoudre.
L'Eglise est appelée à renforcer son investissement dans les soins palliatifs et à soutenir les familles qui accompagnent leurs proches. L'alternative à la mort administrée, ce sont des moyens humains et financiers que la loi ne prévoit pas.
La «pente glissante» n'est pas une métaphore : les Pays-Bas, qui viennent de pratiquer pour la première fois l'euthanasie d'un enfant de moins de 12 ans, l'illustrent tragiquement. La France s'engage sur un chemin dont les étapes ultérieures sont déjà visibles chez nos voisins.
L'angle mort du débat reste l'absence d'investissement préalable dans les soins palliatifs. Légaliser la mort administrée sans garantir l'accès universel aux soins palliatifs est une faute éthique et politique.
«Choisissez la vie, afin que vous viviez, vous et votre postérité» (Dt 30,19). Participer à la manifestation du 28 juin à Paris, soutenir les associations de soins palliatifs, interpeller ses élus : tels sont les actes concrets de l'heure.
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C’est facile de dire que la rue a tort… Mais quand on voit des familles brisées par des années de souffrance, on se demande si le dogme ne devrait pas laisser un peu de place à la compassion.
C’est bien beau de manifester, mais concrètement, dans mon hôpital de quartier, on manque de lits en soins palliatifs. Pourquoi on ne parle pas plus de ça ?
Tuer n'est pas soigner, c'est une évidence. Même les députés l'ont reconnu en excluant les médecins du geste, ça montre bien que le texte est bancal.
Franchement, pourquoi on écoute pas d’abord ceux qui souffrent au lieu de décider à leur place ?
On traite la mort comme un dossier administratif, avec des votes et des reports. Cinquante villes dans la rue, et pourtant ça avance quand même.
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