EuropeRéservé aux membres 24/06/20263Ajouter aux favoris

Les Pays-Bas ont pratiqué pour la première fois l'euthanasie d'un enfant de moins de 12 ans. La France vote en ce moment même une loi similaire. La «pente glissante» n'est pas une hypothèse : c'est un fait avéré, documenté, daté.
Nous avions suivi le débat français sur l'aide à mourir et les élargissements progressifs de la législation néerlandaise. Le 23 juin 2026, Le Figaro révèle que les Pays-Bas ont pratiqué pour la première fois l'euthanasie d'un enfant de moins de 12 ans, au titre d'une réglementation entrée en vigueur en 2024.
Depuis 2024, les Pays-Bas autorisent l'euthanasie pour les enfants âgés d'un à douze ans atteints de maladies incurables et «endurant des souffrances intolérables». Un premier cas a été pratiqué. Les détails de l'identité de l'enfant et de sa pathologie n'ont pas été rendus publics.
Cette évolution suit la trajectoire documentée de la législation néerlandaise : euthanasie adulte dépénalisée en 1984, légalisée en 2002 (la loi incluant déjà les 12-16 ans, avec consentement parental pour les 12-15 ans et décision autonome pour les 16-17 ans) ; étendue aux enfants d'un à douze ans en 2024. Chaque étape a été précédée de la même assurance : «les garde-fous sont suffisants.»
La France examine actuellement une proposition de loi sur l'«aide à mourir» dont la motion de rejet vient d'échouer à l'Assemblée nationale le 23 juin 2026.
L'euthanasie d'un enfant est une transgression d'une gravité particulière. Le Catéchisme de l'Eglise Catholique rappelle que «l'être humain doit être respecté et traité comme une personne dès sa conception» (CEC 2270) et que la vie humaine est sacrée «parce que, dès son origine, elle implique l'action créatrice de Dieu» (CEC 2258).
L'enfant ne peut pas consentir valablement à sa mort : le consentement est ici délégué aux parents et aux médecins, ce qui revient à reconnaître à des tiers un droit de vie et de mort sur une personne incapable de se défendre. «Evangelium Vitae» est explicite : «L'euthanasie directe, qu'elle soit à la demande du patient ou sans son consentement, est moralement inacceptable» (EV 65). A fortiori quand il s'agit d'un enfant.
Ce premier cas néerlandais est un signal d'alarme pour la France et pour tous les pays européens qui examinent des législations similaires. Les lois sur l'euthanasie ne se stabilisent pas aux critères initiaux : elles s'élargissent. La Belgique, qui a légalisé l'euthanasie en 2002 avec des «garde-fous stricts», pratique aujourd'hui l'euthanasie pour des personnes dépressives non malades en phase terminale.
L'épiscopat français et les associations pro-vie doivent s'emparer de ce précédent dans leurs interventions publiques et parlementaires : il n'est pas question d'un risque abstrait mais d'un fait avéré, daté, documenté.
Les défenseurs de la loi française répondront que leur texte contient des «garde-fous» absents de la loi néerlandaise. L'histoire des législations euthanasiques en Europe démontre que ces garde-fous n'ont jamais résisté à la pression des cas «limites» qui, une fois admis comme exceptions, deviennent la règle.
L'angle mort politique majeur est l'absence de débat européen : aucune institution de l'UE n'a engagé de réflexion transversale sur la cohérence éthique des législations nationales sur la fin de vie. La présidence irlandaise de l'UE pourrait être l'occasion de l'initier.
«Laissez venir à moi les petits enfants» (Mc 10,14). La vie d'un enfant n'est pas une charge dont la société peut décider de se délester. Ecrire à son député avant le vote final de la loi française, diffuser l'information sur ce précédent néerlandais, soutenir les associations de soins palliatifs pédiatriques : ce sont les actes de l'heure.
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C’est glaçant. On nous avait dit « jamais pour les enfants », et maintenant c’est fait. Où s’arrête cette logique ?
C’est terrible… On parle d’un enfant, pas d’un choix d’adulte. Où est passée la dignité de protéger les plus fragiles ?
C’est glaçant. On nous disait que ce serait exceptionnel, pour des cas extrêmes… Et maintenant, un enfant de moins de 12 ans. Où est la limite ?
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