FranceRéservé aux membres 23/06/20263Ajouter aux favoris

La Société française d'accompagnement et de soins palliatifs a pris officiellement position contre le texte. Avec les soignants, c'est le coeur de la médecine qui résiste à la loi Falorni.
Le vote final sur la proposition de loi Falorni instituant un "droit à l'aide à mourir" est prévu pour le 30 juin 2026. La troisième lecture a débuté le 22 juin à l'Assemblée nationale, où près de 1 800 amendements ont été déposés. Le Sénat a rejeté le texte à deux reprises. La commission mixte paritaire a échoué. La proposition avait été adoptée en mai 2025 (299 voix pour, 226 contre) puis en deuxième lecture en février 2026.
Le 23 juin 2026, la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) a rendu publique sa prise de position officielle : "Ce texte va fragiliser une société qui est déjà à bout de souffle." La SFAP représente les professionnels spécialisés dans l'accompagnement des personnes en fin de vie. Ce n'est pas une déclaration d'inspiration confessionnelle : c'est la voix du corps médical palliativiste dans sa globalité.
Le docteur Hubert Tesson, médecin coordinateur d'unités de soins palliatifs à Marseille, formule le diagnostic avec précision : la loi "marque la victoire de la technique sur l'art médical."
Evangelium Vitae (n. 65, Jean-Paul II, 1995) distingue avec rigueur "l'intention de donner la mort" de "l'accompagnement de la mort naturelle." Cette frontière n'est pas une construction théologique abstraite : c'est une exigence que la médecine avait elle-même tracée dans ses propres cadres éthiques, avant que la pression législative ne l'oblige à se repositionner.
L'enseignement catholique est constant sur ce point : la médecine ne peut légitimement orienter ses actes vers la mort du patient, même à sa demande, sans trahir sa finalité propre. Ce n'est pas une restriction confessionnelle ; c'est une exigence de droit naturel que la SFAP formule désormais en langage médical.
La portée stratégique de cette prise de position est considérable. Depuis le début du débat parlementaire, les partisans du texte avaient présenté l'aide à mourir comme complémentaire des soins palliatifs, non concurrent. La SFAP vient de clore ce débat.
La question des moyens demeure entière. La France consacre aux soins palliatifs des ressources notoirement insuffisantes. Voter une loi sur la mort assistée avant d'avoir garanti un accès universel aux soins palliatifs inverse l'ordre des priorités morales et pratiques.
Sur le plan parlementaire, le texte présente une vulnérabilité documentée. Stéphanie Rist, rapporteure de la proposition, a intégré la suppression du délit d'entrave comme mesure annexe. Ses adversaires y voient une manoeuvre pour "détourner l'attention de tout le reste." Si cette lecture est exacte, ce qui sera soumis au vote le 30 juin dépasse son intitulé.
L'argument du "droit à mourir dans la dignité" suppose que la mort administrée par un tiers constitue un acte de dignité. La SFAP inverse la proposition : la dignité de fin de vie se construit dans la présence et la durée, non dans la rapidité de l'acte terminal.
La neuvaine de prière lancée par la Conférence des évêques de France court exactement jusqu'au 29 juin, veille du scrutin. La prière n'est pas un aveu d'impuissance : c'est un acte de remise à Celui qui tient les coeurs des parlementaires comme les nôtres.
Contacter son député reste possible. Lire le texte, connaître les arguments médicaux, parler à ses proches de ce que signifie "mourir accompagné" plutôt que "mourir assisté" : voilà ce que les sept jours qui viennent permettent encore.
C'est le résultat du second vote à l'Assemblée en février 2026. Un écart de 73 voix. Suffisant pour passer la troisième lecture en cas de discipline de vote, insuffisant pour parler d'un consensus national sur une question qui touche à la vie et à la mort.
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La SFAP a raison : si on ouvre cette porte, c’est toute la confiance entre le malade et son médecin qui va en prendre un coup.
Les palliatifs, c'est bien, mais quand la douleur devient insupportable et que plus rien ne marche, c'est dur de dire que c'est 'humain' de faire attendre la mort.
La SFAP mélange un peu les torchons et les serviettes : soigner, c'est pas la même chose que faire la morale.
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