FranceRéservé aux membres 23/06/20263Ajouter aux favoris

La motion de rejet est tombée. L'Assemblée nationale s'apprête à voter la légalisation de l'aide à mourir. François Bayrou émet des réserves sans s'engager. Les soignants et les familles descendent dans la rue. Isabelle de Franclieu analyse le moment décisif pour la conscience de la nation.
La France est à la veille d'un basculement législatif majeur. Le projet de loi sur l'aide à mourir (terme délibérément euphémique pour désigner l'euthanasie et le suicide assisté) avance à l'Assemblée nationale malgré une opposition parlementaire qui tente encore de l'entraver. Ce texte, porté par le gouvernement, entend donner à certains patients en fin de vie le droit de demander une substance létale administrée par un tiers ou auto-administrée.
La motion de rejet préalable a échoué : la majorité des députés a refusé d'arrêter le débat avant même qu'il commence. Simultanément, François Bayrou, Premier ministre, a exprimé des réserves sur le texte sans pour autant annoncer de veto ni de retrait. Dans toute la France, des associations de soignants, des familles et des bénévoles de soins palliatifs manifestent sous le slogan : « Nos mourants ne sont pas des encombrants. » France Catholique rapporte que Bayrou avait lui-même, en d'autres circonstances, défendu une approche distincte centrée sur les soins palliatifs.
L'Eglise est sans ambiguïté. L'encyclique Evangelium Vitae (n. 65) condamne l'euthanasie comme une « violation grave de la loi de Dieu ». Le Catéchisme de l'Eglise Catholique (n. 2277) précise : « Quelles qu'en soient les motivations et les moyens, l'euthanasie directe consiste à mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes. Elle est moralement irrecevable. » La Déclaration Samaritanus Bonus de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (2020) a réaffirmé cet enseignement avec une clarté dépourvue de toute équivoque, en soulignant le devoir particulier des soignants catholiques de ne jamais coopérer à un acte euthanasique.
Deux réalités doivent être nommées sans détour. D'abord, la pression sur les soignants catholiques : si la loi passe, la clause de conscience des médecins et des infirmières sera-t-elle garantie dans la durée ? Les précédents belge et néerlandais montrent que cette clause s'érode sous la pression institutionnelle et déontologique en l'espace d'une génération : le Parlement belge a ainsi voté une loi obligeant les médecins objecteurs à orienter activement les patients vers des structures pratiquant l'euthanasie, ce que le Conseil d'Etat belge lui-même a jugé contraire à la liberté de conscience. Ensuite, les soins palliatifs restent gravement sous-financés en France : légaliser l'aide à mourir sans développer les soins palliatifs revient à offrir la mort comme solution à la défaillance de l'Etat à soigner les plus vulnérables.
Les réserves de Bayrou restent vagues : ni retrait du texte ni amendement substantiel n'a été annoncé. L'usage systématique du terme « aide à mourir » au lieu d'euthanasie dans le discours officiel traduit une stratégie de normalisation sémantique. La mobilisation citoyenne, réelle et spontanée, est peu relayée par les grands médias. Il convient aussi de rappeler que la Cour européenne des droits de l'homme n'impose nullement aux Etats membres de légaliser l'euthanasie : l'argument européen parfois brandi par les partisans de la loi ne résiste pas à l'examen juridique (CEDH, affaire Pretty c. Royaume-Uni, 2002).
Le cardinal Sarah a rappelé à plusieurs reprises cette distinction fondamentale : seuls les soins palliatifs méritent le nom d'aide ; l'euthanasie, quelle que soit la terminologie employée pour l'édulcorer, est un meurtre. Concrètement : contacter son député avant le vote, soutenir financièrement les associations de soins palliatifs (JALMALV, ASP), participer aux veillées de prière organisées par les diocèses, et relayer sans honte la vérité sur ce que cette loi implique.
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C’est vrai que fermer les yeux sur la souffrance, ça ne la fait pas disparaître. Mais est-ce qu’une loi suffit à tout régler ?
Bayrou a raison de ne pas sauter le pas : une fois qu’on légalise, on ne revient plus en arrière. Et voir les soignants manifester, ça fait réfléchir.
On parle d'euthanasie, mais les soins palliatifs manquent cruellement. Ma mère est partie dans des conditions indignes, et personne ne s'en soucie.
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