FranceRéservé aux membres 27/06/20267Ajouter aux favoris

À trois jours du vote solennel, l'Assemblée nationale abandonne le modèle euthanasique pour revenir au suicide assisté, excluant les médecins du geste létal. Un ajustement formel qui ne change rien à l'essentiel : la France s'apprête à inscrire dans la loi un droit à la mort.
Nous avions suivi, depuis le printemps 2026, l'avancée du projet de loi sur l'aide à mourir : vote en commission, rejet de 201 amendements, manifestation le 28 juin place Fontenoy à Paris, et la dissidence de trois députés de gauche (Belluco, Potier, Peu) refusant de voter un texte contraire à leur conscience. Le vote solennel est désormais fixé au 30 juin 2026. Dans les dernières heures de la navette parlementaire, les députés ont opéré un virage formel : retour à la formule du suicide assisté, à l'exclusion du geste létal confié aux médecins.
Selon La Croix (27 juin 2026), la majorité a opté pour un dispositif où c'est le patient lui-même qui absorbe la substance létale, le médecin se limitant à la prescrire et à accompagner le processus. Ce "garde-fou" est présenté comme une concession aux soignants. Il ne l'est pas : le médecin reste l'auteur juridique et moral de l'acte, puisqu'il prescrit, prépare et supervise. La première présidente de la Cour de cassation, Véronique Malbec, a rappelé devant le Conseil d'État la primauté de l'article 2 de la CEDH - droit à la vie. Mgr Aveline, archevêque de Marseille, a formulé l'essentiel : "On ne peut déguiser en geste de soin le fait de donner la mort." Bayrou, Premier ministre, est demeuré "réservé" sans lever aucune pression sur l'agenda.
La distinction entre suicide assisté et euthanasie est, sur le plan moral, sans consistance : dans les deux cas, il y a acte délibéré de mettre fin à une vie humaine. L'Evangelium Vitae (Jean-Paul II, n°65) est sans ambiguïté : "Tout cela porte à conclure que l'euthanasie est une grave violation de la loi de Dieu, en tant qu'elle constitue la mise à mort délibérée moralement inacceptable d'une personne humaine." Le Catéchisme de l'Église catholique (n°2277) précise : "Quelles qu'en soient les motivations et les moyens, l'euthanasie directe consiste à mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes. Elle est moralement irrecevable." La devise providentiellement choisie par Léon XIV pour son voyage en France - "Pour que le monde ait la vie" (Jn 10,10) - résonne comme un jugement spirituel sur ce débat.
La "pente néerlandaise" est désormais documentée : depuis la légalisation de l'euthanasie aux Pays-Bas en 2002, le champ d'application n'a cessé de s'élargir - jusqu'à l'extension de la loi, en 2023, aux enfants de 1 à 12 ans souffrant de pathologies terminales incurables. La France s'engage sur ce chemin. Les soignants catholiques disposent d'une clause de conscience inscrite dans le texte - mais elle sera contestée juridiquement dès les premiers refus. Les hôpitaux et maisons de soins palliatifs confessionnels seront mis sous pression institutionnelle.
La sémantique choisie - "aide à mourir", "liberté de choisir", "autonomie de la personne" - efface la réalité ontologique. Aucun débat de fond n'a eu lieu sur les soins palliatifs, dont le financement reste chroniquement insuffisant en France. Le gouvernement a refusé tout moratoire permettant de les développer avant de légiférer. C'est là l'angle mort le plus révélateur : une société qui vote la mort avant d'avoir financé la vie jusqu'à son terme naturel.
"Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra" (Jn 11,25). Soutenir les associations de soins palliatifs (JALMALV, ASP Fondatrice). Écrire à son député avant le 30 juin. Rejoindre la mobilisation du 28 juin, place Fontenoy.
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C’est bien joli de dire que c’est le patient qui « décide », mais au final, c’est la loi qui lui tend le verre. Ça change quoi ?
C’est bien beau de parler de dignité, mais est-ce qu’on écoute vraiment ceux qui souffrent au point de demander ça ?
Je comprends l’intention, mais franchement, c’est bizarre de demander aux gens de se suicider seuls chez eux. Un médecin présent, ça éviterait au moins les ratés…
Changer le mot ne change pas le fond : on reste dans la même logique, et c'est ça qui me dérange.
Les soins palliatifs existent et marchent bien, pourquoi on ne les développe pas au lieu de parler sans arrêt de cette loi ?
C’est toujours la même chose : on change les mots pour faire passer la pilule, mais au fond, c’est bien une porte ouverte à l’euthanasie.
Ce revirement sur le suicide assisté ne trompe personne : on cache juste la main qui donne la mort, mais le résultat est le même.
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