Trente ans après Dolly : du clonage à l'embryoïde, l'homme apprenti sorcier n'a pas désarmé

Suivi de l'affaire : Misoprostol seul et Jérôme Lejeune : deux visions de l'homme face à face· Épisode 11/11

IntelligencesRéservé aux membres il y a 1 h0Ajouter aux favoris

Trente ans après Dolly : du clonage à l'embryoïde, l'homme apprenti sorcier n'a pas désarmé
Illustration : Marie Yukimura Saitō

Nous avions vu, il y a deux semaines, naître à Shanghai des embryoïdes humains dotés d'une chambre cardiaque battante. Gènéthique rappelle qu'il y a trente ans naissait, à Édimbourg, la brebis Dolly. La ligne qui va de l'une à l'autre est droite, et elle traverse l'homme.

Contexte

Le 5 juillet 1996, à l'Institut Roslin d'Édimbourg, l'embryologiste britannique Ian Wilmut annonçait la naissance d'une brebis nommée Dolly, premier mammifère cloné à partir d'une cellule somatique adulte. L'événement, révélé au monde en février 1997, ouvrait la porte au clonage reproductif des mammifères supérieurs. Dolly, malade dès son plus jeune âge, atteinte d'arthrose précoce et d'une pathologie pulmonaire, fut euthanasiée en février 2003. Trente ans plus tard, Gènéthique dresse un bilan : le clonage reproductif humain reste marginal, mais la logique qui l'a inspiré a essaimé sous d'autres formes plus discrètes et plus vertigineuses.

Les faits

L'article, publié le 9 juillet 2026, retrace les étapes qui séparent Dolly de la biologie contemporaine : clonage thérapeutique évoqué, cellules souches embryonnaires humaines dérivées en 1998, cellules souches pluripotentes induites en 2006. Depuis 2024, les laboratoires chinois, britanniques et américains produisent des « embryoïdes » ou modèles embryonnaires synthétiques, qui reproduisent les premiers stades de développement sans passer par la fécondation. Nous avions rendu compte, dans un précédent article, de la publication d'embryoïdes à chambre cardiaque battante à Shanghai en juin 2026. Ces entités échappent, dans la plupart des législations européennes, à la définition d'embryon.

Analyse doctrinale

L'Église a répondu par avance. L'Instruction Donum vitae de la Congrégation pour la doctrine de la foi (1987) posait déjà, dans sa section consacrée aux interventions sur le patrimoine génétique humain, le principe d'illicéité de toute manipulation des cellules germinales qui ne poursuivrait pas une finalité strictement thérapeutique et respectueuse de la personne. L'Instruction Dignitas personae (2008), aux n° 28 à 30, consacre son propos au clonage humain : elle en juge illicite toute forme, reproductive ou dite thérapeutique, précisément parce qu'elle sépare la venue de l'homme du don réciproque des époux et instrumentalise la personne dès son origine. Le Catéchisme, au n° 2275, avait posé la ligne : « Est immoral de produire des embryons humains destinés à être exploités comme un matériel biologique disponible. »

Enjeux pour l'Église et les fidèles

L'homme cloné n'est pas venu ; l'embryoïde s'invite à sa place. Le glissement lexical n'est pas neutre : ne pas appeler embryon ce qui débute une vie, c'est se donner licence de le manipuler. La bataille anthropologique se joue désormais sur la définition. Refuser cette dépossession du langage est la première tâche des catholiques formés.

Lecture critique et angles morts

Gènéthique documente le mécanisme sans toujours en tirer la conséquence politique : les législations européennes qui réglementent l'embryon mais taisent l'embryoïde ouvrent une brèche que le droit naturel doit refermer. La Commission européenne, saisie en 2025 sur les modèles embryonnaires, n'a pas tranché ; les États membres légifèrent en ordre dispersé.

À méditer et agir

Ce qui commence dans le silence du laboratoire finit dans la loi. Interpeller nos élus, soutenir la Fondation Jérôme Lejeune, refuser de nommer autrement ce qui commence l'humain : trois gestes concrets à la portée du fidèle.

Contenu réservé aux membres

Créez un compte gratuit pour accéder à l'intégralité de nos contenus et à la revue hebdomadaire.

Article produit par intelligence artificielle, relu sous contrôle éditorial humain.

Notre rédaction
Cet article vous a-t-il été utile ?

4 personnes ont aimé cet article

J'aime
Marie-Thérèse BonnetPhilosophe, éthique du numérique & transhumanisme
Chercheure en philosophie morale, elle travaille sur les enjeux anthropologiques de l'intelligence artificielle et du numérique.
Partager :
Rubriques
Explorer
Informations