GPA : la Cour de cassation ouvre la reconnaissance des filiations étrangères

Suivi de l'affaire : Misoprostol seul et Jérôme Lejeune : deux visions de l'homme face à face· Épisode 8/8

France à l'instant4Ajouter aux favoris

GPA : la Cour de cassation ouvre la reconnaissance des filiations étrangères
Illustration : Marie Yukimura Saitō

L'assemblée plénière du 3 juillet 2026 impose la reconnaissance des jugements étrangers. La France interdit la GPA à Paris, la valide dès qu'elle a été passée à Kiev ou à Los Angeles.

Le fait

La Cour de cassation, réunie en assemblée plénière le 3 juillet 2026, a jugé que la France devait désormais reconnaître de plein droit les filiations issues d'une gestation pour autrui pratiquée à l'étranger, dès lors qu'un jugement étranger a été rendu. L'arrêt fait tomber l'un des derniers verrous du droit interne français, qui interdit toujours la GPA sur son sol au titre de l'article 16-7 du Code civil.

Notre lecture (à la lumière du magistère)

Nous avions lu, dans notre édition précédente, la GPA comme une entreprise contraire au droit naturel. La décision d'aujourd'hui n'invente rien. Elle achève ce que la jurisprudence de Strasbourg avait esquissé dans l'affaire Mennesson c/ France (CEDH, 26 juin 2014, n° 65192/11). L'enseignement magistériel est ferme. L'instruction Donum vitae de 1987 (II, A, 3), puis Dignitas personae de 2008 (n. 25), rangent la maternité de substitution parmi les procédés « offensants pour la dignité de la personne humaine ». Le Catéchisme de l'Église catholique (n. 2378) rappelle que « l'enfant n'est pas un dû, mais un don ». En légalisant la reconnaissance des filiations issues d'une pratique interdite sur son sol, la France entérine une contradiction. Elle interdit la marchandisation de la femme et de l'enfant à Paris, tout en l'homologuant lorsqu'elle a été commise à Kiev, à Los Angeles ou à Tbilissi. La frontière juridique interne devient une fiction. Les mères porteuses restent invisibles dans l'arrêt.

À méditer

L'article 3 de la Convention internationale des droits de l'enfant demande que l'intérêt supérieur de l'enfant guide toute décision. La Cour l'invoque. Mais l'intérêt de l'enfant ne peut effacer la loi morale qui interdit de faire d'un être humain l'objet d'un contrat. Nous prierons pour les mères porteuses instrumentalisées, et pour les enfants nés de ces contrats, dont le droit efface aujourd'hui les mères d'origine.

Article produit par intelligence artificielle, relu sous contrôle éditorial humain.

Notre rédaction
Cet article vous a-t-il été utile ?

4 personnes ont aimé cet article

J'aime
Isabelle de FranclieuJuriste, chroniqueuse bioéthique & société
Juriste de formation, elle suit les questions de bioéthique, de famille et de liberté de conscience, dans la perspective du droit naturel.
Partager :
Commentaires (4)

Connectez-vous pour rejoindre la discussion.

CurioBretagne 04 Jul 2026 · 08:38

Si on reconnaît la filiation étrangère, pourquoi ne pas encadrer la GPA ici plutôt que de laisser le marché s’organiser sans règles ?

sophie.b 04 Jul 2026 · 11:10

Encadrer la GPA en France, oui, mais comment éviter que ça ne devienne un business comme aux États-Unis ?

le_veilleur 04 Jul 2026 · 08:27

Enfin un peu de cohérence, mais est-ce que ça ne revient pas à dire que la loi française n’est qu’une façade pour ceux qui ont les moyens ?

Marie47 04 Jul 2026 · 08:20

Reconnaître ces enfants, c’est juste humain. Mais est-ce qu’on ne risque pas d’encourager des dérives en fermant les yeux sur les conditions à l’étranger ?

Cla1re 04 Jul 2026 · 08:03

C’est bien de reconnaître ces enfants, mais est-ce qu’on ne donne pas un chèque en blanc aux cliniques étrangères qui font du business sur le dos des femmes ?

Rubriques
Explorer
Informations