RomeRéservé aux membres 25/06/20262Ajouter aux favoris

A six jours de l'échéance du 1er juillet fixée par Rome, un théologien de renom interpelle directement Léon XIV sur le dossier FSSPX. Entre appel à la paix et pression canonique, le compte à rebours est engagé.
Nous avions suivi le dernier appel de Léon XIV à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X avant l'échéance du 1er juillet. A six jours de cette date, le débat sort du seul cadre institutionnel : un théologien romain de premier plan, le Père Nicola Bux, entre dans la discussion avec une interpellation directe au Souverain Pontife.
Le Père Nicola Bux, consulteur de plusieurs dicastères romains sous Benoît XVI et auteur reconnu sur la liturgie et les sacrements, a publié un appel demandant au pape Léon XIV de « faire tout le possible » pour surmonter les différends qui séparent encore la FSSPX de Rome. L'appel intervient dans un contexte de pression maximale : selon une source vaticane, « la porte est fermée pour une génération » si le 1er juillet passe sans accord. La Fraternité, de son côté, a rendu publique ces jours-ci une profession de foi catholique, geste de clarification doctrinale plutôt que d'ouverture canonique.
La démarche du Père Bux s'inscrit dans une tradition de médiation patiente entre Rome et les héritiers de Mgr Lefebvre. Elle rappelle, implicitement, ce que Benoît XVI avait écrit dans sa lettre du 10 mars 2009 aux évêques du monde entier : « La vraie question (…) est celle de la réconciliation et de l'unité de l'Église. » Le canon 209 du Code de droit canonique rappelle que tout fidèle est tenu de maintenir la communion avec l'Église. Mais la communion n'est pas d'abord un acte juridique : elle est sacramentelle et doctrinale. Le noeud reste l'herméneutique de Vatican II, que la FSSPX refuse de recevoir selon l'interprétation officielle.
L'interpellation du Père Bux révèle une ligne de fracture interne au camp traditionnel : entre ceux qui croient encore possible un accord doctrinal fondé sur la vérité et ceux qui s'y résignent par prudence ou par découragement. Pour les centaines de milliers de fidèles qui fréquentent régulièrement les chapelles de la FSSPX en France, l'enjeu est immédiatement concret : légitimité des sacrements reçus, statut canonique des prêtres, appartenance pleine à l'Église visible.
L'appel du Père Bux, aussi sincère soit-il, ne lève pas l'obstacle principal : la FSSPX n'accepte pas une réception de Vatican II qui inclurait les textes sur la liberté religieuse (Dignitatis Humanae) et le dialogue oecuménique (Unitatis Redintegratio) tels que le magistère post-conciliaire les a interprétés. Un accord purement canonique - statut personnel, chapitres, évêques - sans résolution de ces points doctrinaux serait fragile et susceptible de générer une nouvelle crise dans moins d'une génération.
« Là où est Pierre, là est l'Église » (saint Ambroise, Explanatio Psalmorum XII, 40). Que les catholiques attachés à la Tradition prient avec ferveur en ces jours pour que le Saint-Esprit guide à la fois Léon XIV et les responsables de la FSSPX vers la vérité pleine et entière - seule voie d'une communion authentique qui ne soit pas une reddition doctrinale.
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Six jours pour trouver une solution, c'est court... Mais l'unité de l'Église vaut bien un dernier effort, non ?
Six jours, c'est court pour un vrai dialogue. On a l'impression que Rome veut juste boucler le dossier avant l'été.
FSSPX : Léon XIV lance un dernier appel avant le 1er juillet