MondeRéservé aux membres 23/06/20264Ajouter aux favoris

Le 18 juin, Trump et Téhéran ont signé le protocole en 14 points. Ormuz devait rouvrir. Le 20 juin, l'Iran refermait le détroit. Plus de 4 000 morts au Liban depuis le début du conflit. Le cardinal Pizzaballa reste sur place et dit : "Je ne vous abandonnerai pas."
Le 18 juin 2026, les présidents Donald Trump et Massoud Pezeshkian ont signé à distance le protocole d'accord en 14 points pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Trump avait affirmé le 16 juin qu'Ormuz serait "complètement ouvert" le vendredi.
Le 20 juin, l'Iran a annoncé refermer le détroit d'Ormuz. Motif invoqué : Israël ne respectait pas le cessez-le-feu au Liban. Un bilan officiel libanais comptabilisait plus de 4 000 morts depuis le début de la guerre.
Le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, a maintenu sa présence sur place, à Jérusalem. Il a réaffirmé, dans ses interventions pastorales, son refus d'abandonner son troupeau au coeur du conflit. Sa posture est celle d'un pasteur qui reste quand les diplomaties se retirent.
Léon XIV a déclaré le 16 juin que "l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran doit mener à la fin de la guerre."
Quarante-huit heures. C'est le temps qu'il a fallu pour passer de la signature triomphante d'Ormuz à sa refermeture. L'accord en 14 points est réel sur le papier. Sa mise en oeuvre dépend de conditions sur le terrain qu'aucun des signataires ne contrôle entièrement.
La logique du "deal" à l'américaine : signer vite, afficher le succès, imposer la réalité après coup. L'Iran a signé sous pression économique et militaire. Israël n'a pas cessé ses frappes au Liban. Les pièces ne s'emboitent pas.
Pour les chrétiens maronites du Liban et les catholiques de Gaza, cette diplomatie en zigzag produit une réalité concrète : les couloirs humanitaires n'ouvrent pas, les familles restent séparées, les Eglises sont vides ou endommagées. Ces communautés sont absentes des communiqués de paix.
Le cardinal Pizzaballa incarne quelque chose que les textes diplomatiques ne traduisent pas : la permanence de l'Eglise. Les Etats négocient et se retirent selon leurs intérêts. L'Eglise reste. Sa promesse pastorale n'est pas conditionnelle à l'état du détroit d'Ormuz.
L'Aide à l'Eglise en Détresse (AED) documente depuis des années la situation des chrétiens au Liban, en Irak et à Gaza. Ces communautés survivent non parce que la diplomatie les protège, mais parce qu'elles s'accrochent à leur foi, à leurs racines, à la présence de pasteurs qui refusent de partir.
Le Saint-Siège, dans sa déclaration du 17 juin, a appelé à une "culture de la négociation." Ce n'est pas une alternative à l'accord américano-iranien. C'est une exigence de fond : la paix qui dure ne se signe pas. Elle se construit, lentement, dans la vérité.
Le vrai indicateur de stabilité au Moyen-Orient ne sera pas l'état du détroit d'Ormuz. Ce sera l'état des Eglises à Gaza, à Beyrouth, à Bagdad. Ce sera le nombre de chrétiens qui seront encore là dans cinq ans.
Nommer les victimes est un acte éditorial. Et prier pour elles est une action. La plus concrète qui soit, quand les accords se défont en quarante-huit heures.
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14 points sur le papier, et deux jours plus tard c'est le même cirque. À quoi bon signer si c'est pour ne pas tenir parole ?
Deux jours pour tout gâcher, et c'est encore les chrétiens du Liban qui paient. À quoi bon ces accords si c'est pour recommencer ?
Les accords c'est bien, mais au Liban les chrétiens continuent de mourir. On fait quoi maintenant ?
14 points signés, et toujours rien pour les chrétiens là-bas. On se demande vraiment à quoi ça sert.
Accord USA-Iran : le protocole signé, Ormuz ouvert puis refermé, les chrétiens attendent