EuropeRéservé aux membres 23/06/20262Ajouter aux favoris

Le 17 juin, le Parlement européen a adopté le nouveau règlement sur le retour des migrants. Mgr Mariano Crociata, président de la COMECE, réagit avec inquiétude. Ce texte accélère les procédures d'expulsion et réduit les délais de recours.
Le 17 juin 2026, le Parlement européen a adopté le nouveau règlement sur le retour des migrants, complément du Pacte sur la migration et l'asile entré en vigueur en 2024. Ce texte renforce les mécanismes d'expulsion au niveau européen et harmonise les procédures entre Etats membres.
Mgr Mariano Crociata, président de la Commission des épiscopats de l'Union européenne (COMECE), a publié une déclaration officielle exprimant ses inquiétudes face à ce vote. La COMECE représente les conférences épiscopales des vingt-sept Etats membres auprès des institutions de Bruxelles.
Le Règlement retour s'inscrit dans la logique du Pacte sur la migration : harmoniser, accélérer, uniformiser. Techniquement, cela répond à un problème réel - les procédures variant d'un Etat à l'autre rendent l'espace Schengen difficile à gérer. Pratiquement, cela signifie des délais plus courts pour les recours, des renvois plus rapides, des marges d'intervention réduites pour ceux qui accompagnent les demandeurs d'asile sur le terrain.
C'est précisément ce qui préoccupe la COMECE. Les Eglises locales, la Caritas, les associations catholiques sont souvent les premiers interlocuteurs des personnes en situation irrégulière. Quand les délais se raccourcissent, les possibilités d'intervention humanitaire et juridique se réduisent d'autant.
La subsidiarité, principe fondateur de l'architecture européenne et pierre angulaire de la doctrine sociale de l'Eglise (Centesimus Annus, n. 48), appelle à ce que les décisions soient prises au niveau le plus proche de la réalité humaine concernée. Une procédure accélérée à Bruxelles ne perçoit pas la situation concrète d'une femme érythréenne ou d'un mineur afghan.
Léon XIV, lors de sa visite en Espagne, a rappelé que "chaque personne doit être traitée avec respect," quel que soit son statut administratif. Laudato Si' de François (n. 49) lie explicitement le soin de la création et le soin des personnes vulnérables : les deux ne peuvent être séparés.
L'Evangile ne propose pas de politique migratoire. Il propose un regard : "J'étais étranger et vous m'avez accueilli" (Mt 25, 35). Ce regard n'exclut pas les exigences légitimes de sécurité et d'ordre. Il exige qu'elles ne deviennent jamais une raison d'effacer la personne derrière le dossier.
Le Règlement retour ne fermera pas la question migratoire. Les causes structurelles des migrations - guerres, pauvreté, dérèglements climatiques - ne se traitent pas par des procédures d'expulsion plus rapides.
La position catholique n'est pas l'ouverture des frontières sans discernement. Elle est la dignité de chaque personne jusqu'au dernier moment de la procédure qui la concerne. Les deux ne s'excluent pas. Les confondre, dans un sens ou dans l'autre, est une erreur que les chrétiens engagés dans la cité ne peuvent se permettre.
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On peut compatir sans tout porter sur le dos des paroisses. Les États ont des budgets, pas nous.
Les églises vides, c’est un vrai gaspillage, mais est-ce que taxer ça réglerait vraiment le problème des migrants ?
C’est vrai que ça fait froid dans le dos. On parle de procédures, mais derrière, il y a des vies qui basculent. L’Église a raison de rappeler que la charité ne se gère pas comme un dossier administratif.
C’est vrai, mais on oublie souvent ceux qui sont déjà là depuis des années et qui vivent dans l’angoisse. La charité, c’est aussi pour eux, non ?